Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 11:23

Chapitre XXXI : la reprise des combats

« Voici Pâques (15 avril 1218) ; pendant que Simon de Montfort

Avec son frère et Amaury, le cardinal-légat, délibèrent  les barons toulousains

Parviennent au camp croisé qu’ils surprennent ; la bataille fait rage

Normands, Bretons, Français tombent taillés en pièces.

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Messire Armand Chabreus s’abat, fendu en deux,

Quartiers de chairs tranchées, têtes hagardes, membres,

Bras et jambes, mentons et touffes de cheveux,

Tripailles répandues et poitrines ouvertes,

Sang vermeil, corps souffrants couvrent partout le sol.

Les troupes de Montfort attaquent par le flanc ; ils sont si nombreux

Que ceux de la cité vivement tournent bride…

Mais le peuple toulousain surgit des tranchées, envahit les prés.
Les troupes ennemies à grand fracas se mêlent.
Cris, cors, trompes, clairons ébranlent les murailles,

Font trembler la Garonne et frémir le ciel pur.

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Quand le combat prend fin, Toulouse a le cœur lourd ;

 Messire de Maurens est durement blessé et le fils du comte de Foix aussi.
De nombreux chevaliers gisent à Montoulieu.
Aujourd’hui le voilà peuplé de chairs meurtries,

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Débris de morts, fruits douloureux, fleurs d’épouvante…

Les Croisés accueillent Amaury de Craon, Gilbert de Roches, et Aubert de Senlis à la tête

 D’une troupe innombrable et fortement armée. Les Toulousains s’équipent

L’arme au poing, se dirigent vers les fossés aux lices et aux barrières.

La Croisade, au-dehors, s’avance vers les murailles… »

 

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Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 11:37

Chapitre XXIX : les deux sièges contre Toulouse

« Le comte et son peuple oeuvrent , l’âme allègre, aux travaux de défnse.
La nuit, chez les Français, n’est qu’un long cauchemar.
Aux premières lueurs de l’aube, les voici rassemblés au Château Narbonnais

moulins-du-chateau-narbonnais-copie-1.jpg 

Autour de Guy, blessé, couché en lit moelleux entouré de sa famille éplorée.

Un conseil entre barons Croisés débouche sur la décision d’installer un double siège.

Simon fortifie son camp, fait creuser des fossés, dresser des murs, percer des portes,

Des archères (hiver 1217).
Il traverse le fleuve avec son contingent,

S’avance sur la rive, en tête chevauchant, front haut où le lion rugit.
Il entre à Saint-Cyprien et y prend ses quartiers…

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Voici que sortent de la ville en foule

Chevaliers et bourgeois bien armés.

Aussitôt dans le camp croisé c’est la débâcle.
Montfort bat en retraite. Il est serré de près

Ses meilleurs chevaliers sont en arrière-garde.

Ses bateaux se balancent, amarrés à la rive.

Chacun s’y précipite. On se tiraille, on peste,
les derniers arrivés tombent sur les premiers.

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Le comte chevauchant si follement s’élance

Que le voici dans l’eau. Peu s’en faut qu’il se noie.

On s’empresse à son aide. On le sauve. Il ruisselle.

Son cheval harnaché sombre en un  tourbillon »  (le fleuve est en crue et a submergé le faubourg Saint-Cyprien).

Chapitre XXX : la défense de Toulouse

Les Toulousains se mettent tous à l’œuvre :

Les chantiers fourmillent aux murailles de pierre,

Aux palissades doubles, aux portails, aux tranchées aux terre-pleins, aux lices,

Aux ponts, aux escaliers, aux fossés, aux bretèches.

Les sergents et archers  des deux camps se disputent

Le pré de Montoulieu. Sans trêve, on s’y déchire

En combats, escarmouches et durs harcèlements.

Les épées brillent clair et le sang ruisselant

Parmi l’herbe des champs sème des roses rouges…

porte montoulieu 1

L’avant-garde Croisée envahit les défenses. L’armée des Toulousains est conduite

Au combat par Bernard de Comminges. Les premiers toulousains,

 Sous les coups furibonds de Simon de Montfort suivi par ses barons,

Chancellent, perdent pied, reculent. Les Français chargent droit, passent les fossés, franchissent les barrières. Roger-Bernard de Foix repousse l’assaut.

Alors les Toulousains rassemblent leurs troupes, résistent bellement, cognent, taillent, Pourfendent, et les ferraillements, les cris, les coups sont tels

Que le sol tremble et que les murs frémissent.
Les hommes de Toulouse, un instant malmenés,

Chargent de tous côtés. Les Français essaient de se garder

Du déluge d’épées, tombent dans les fossés sous les coups massacrants,

Ou fuient en débandade, abandonnant leurs morts

Et leurs chevaux crevés dans les bourbiers gelés,

Pennons armoiriés, housses de palefrois,

Beaux écus blasonnés, cottes de mailles doubles,

Brides, selles de cuir, poitrails de fer rompus

A demi enlisés couvrent le sol fangeux.

Les hommes de Toulouse en leurs remparts reviennent,

Chantant joyeusement victoire. Les Français,

Retournent dans leur camp, le cœur lourd, tête basse… »

 

IMGP9095 - Copie (2)

Par gege l'occitan - Communauté : Pays cathare et occitanie
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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 17:45

Chapitre XXVIII : Simon de Montfort échoue devant Toulouse

« Le cardinal-légat affirme que Toulouse se vautre en péchés criminels.

Il faut donc la briser sans pitié, la piller, la détruire et tuer tous ses habitants.

Le verdict de Rome est sans appel : une poigne de fer doit écraser ce peuple

Jusqu’au fond des églises, hôpitaux, lieux sacrés…

Les barons de la ville et le comte Raymond

IMGP7671 - Copie

Remblaient les terre-pleins, s’affairent dans les lices

Partout flottent leurs croix sur les hautes bannières

Vermeilles de Comminges et dorées de Toulouse.
Sur les chemins de ronde sont postés des soldats,

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Sur le sol ferme en bas d’autres se tiennent prêts

A  jouer de la lance et du dard de chasseur

Pour défendre les lices et l’accès des barrières.
Des archers, à l’abri d’étroites fenêtres

Gardent les contrescarpes et les chemins de ronde

Pourvus d’arcs longs et courts, d’arbalètes précises,

De flèches, de carreaux amenés par tonneaux.

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Partout aux alentours les Toulousains se pressent, armés de bons tinets,

De haches, de massues. Des femmes vont traînant des paniers de caillasse,

Pierres à lancer droit et rocs à basculer.
Les barons de Montfort en ordre de bataille

Munis de rocs pesants, de pots de feu, d’échelles,

S’avancent rudement vers les murs hérissés.

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Guy, Amaury, Sicard de Montaut et Focaud de Berzy

Armés de pied en cap, à leur tête se portent.
Les voici parvenus, à deux pas des fossés…

Dans la ville, on attend l’ennemi de pied ferme.

Les deux camps affrontés allument la bataille.
Hurlements, sonneries de clairons et de cors

Font frissonner les murs, la Garonne, les rives.

Dans la ville assiégée est un puissant pierrier

Qui fauche, tranche, tord et brise en miettes.

IMGP9095 - Copie (4)

Le comte de Comminges, Bernard IV, se recueille un instant, vise, tire.
La flèche atteint Guy de Montfort, en tête de sa troupe, déchire l’étoffe fine de sa son bustier,

Transperce son haubert brodé de fils dorés. L’acier bien effilé lui traverse la poitrine

Il tombe à la renverse. On l’emporte aussitôt…

Partout ne sont qu’armures et bons écus fendus,

Chevaliers grimaçants de douleur, flancs ouverts,

Bras et mains fracassés, jambes coupées du corps,

Poitrines pourfendues, heaumes tout  bosselés,

Chairs éparses, hachées, têtes perdant leurs yeux,

Ruisseaux de sang vermeil jaillissant des plaies vives et barons cognant dru, compagnons secourables traînant hors du combat leur frère renversé.

Le champ est rouge et sang de cervelle écrasée (cent soixante victimes et autant de blessés hors d’état de combattre)…

Les comtes de Montfort font soudain volte-face

Et fuient, le dos courbé, sous leurs enseignes sales.

Par gege l'occitan - Communauté : Pays cathare et occitanie
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 17:41

"Le vieux comte Raymond annonce à son fils son heureuse victoire.
De puissants chevaliers, pour défendre Toulouse,

IMGP7671 - Copie

 Accourent de partout : sire Esparc de La Barthe, le comte de Comminges,

Sire Bertrand Jourdain et sire Ot de Terride et Guiraud de Gourdon, seigneur de Caraman,

Bernard de Montégut et son frère Bertrand flanqués de belles troupes, Armand de Mondenard,

Messire Gaillard, sire Estève et Guillaume Amanieu, sire Hugues de La Mothe.
Tous ces fiers chevaliers entrent dans la cité,

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Bannières déployées parmi les chants des trompes.
Le peuple les accueille à grands vivats sonores…

Simon, averti de la terrible défaite, chevauche, le front bas,

Effréné, enragé, la malfaisance aux dents,

Avide de semer la détresse et l’effroi.

En tous sens, il envoie des messages scellés, recrute des soudards, appelle à son secours

Le légat-cardinal et ses amis évêques.
A train d’enfer, il va, mange à peine, dort peu,

Et parvient un dimanche aux portes de Baziège.

Aux premières lueurs du matin, il s’arme

Ordonne à ses barons de s’habiller de fer

Fait sonner les clairons, dresser les oriflammes,

Et, fumant de fureur, marche droit sur Toulouse…

Le cardinal ordonne à Simon de les trucider tous ».

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Par gege l'occitan - Communauté : Pays cathare et occitanie
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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 17:55

    Mais Guy de Montfort, son ennemi, accourt avec ses alliés (sire Alain de Roucy, Foucaud de Berzy) et ses longs convois d’armes.

Au fossé Montoulieu, Guy de Montfort fait halte.

porte montoulieu 1

 Les escadrons se rangent en ordre de bataille

Sonnerie des clairons, cris d’assaut. L’épée nue, la meute des Croisés déferle dans la ville,

Brisant les palissades ; les gens de la cité endiguent vaillamment l’avalanche ferrée

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Les horions pleuvent dru, les flèches zèbrent l’air.

Mais la troupe d’assaut, emportée par l’élan

Furieux qui ravagea les premières défenses, allume ici et là des feux aux barricades.

 Les toulousains s’affairent, étouffent les foyers. Le peuple avance

Avec des javelots, masses d’arme, épées au fil tranchant,

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Pierres,  flèches pointues et carreaux d’arbalètes. Par les fenêtres,

On verse des paniers de rocs sur l’ennemi

Et les hauberts résonnent, et les écus se brisent,

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Et maint soldat croisé tombe dans la poussière,

L’échine fracassée, les membres pourfendus.

Les coups, les hurlements, le vacarme redoublent.
L’âme des toulousains un bref instant vacille :

Les croisés ranimés forcent des rues fermées.
Le peuple et ses barons s’acharnent, se défendent,

Massacrent follement, reprennent l’offensive.

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Les autres perdent pied, se débandent, s’enfuient.
Les voilà repoussés au dehors de la ville.

Le long du mur d’enceinte en courant, ils remontent

Jusqu’au jardin Saint-Jacques et là reprennent souffle.
Ils laissent derrière eux un long chemin de morts,

Corps de soldats sanglants, des chevaux éventrés,

Englués dans la terre humide des fossés.

La bataille est finie. Quelques barons croisés

Prisonniers de la foule sont traînés par les rues et pendus haut et court…"

Par gege l'occitan - Communauté : Pays cathare et occitanie
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