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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 18:08

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HISTOIRE DE LA CITE DE CARCASSONNE

    Epousant parfaitement  les reliefs du sol, l’ »oppidum Carcasso » est dès l’origine (fin du Xe), un important carrefour commercial, construit près de la voie romaine qui, de Narbonne à Toulouse, puis par la voie Apia de Narbonne au Roussillon maritime favorise de riches et variés échanges (céréales, vins, métaux précieux -l’or de Salsignes-, bétail et produits maraîchers ainsi que des étoffes et des onguents). En 122, les Romains établissent au pied de l’oppidum une agglomération. Au IIIe, la première ligne des remparts est édifiée ; les Tours de la Marquière de Samson et du Moulin d’Avar connaissent les bases de leurs existences.

    Après les Wisigoths (milieu du Ve), les Francs chassent les Wisigoths qui conservent cependant la Septimanie dont fait partie le « Castellum » de Carcassonne. Ils résisteront aux attaques de Clovis (début du VIe) puis de Gontran, roi franc de Burgondie, en 585.
    Au cours du VIe, Carcassonne devient un évêché avec sa cathédrale dont l’emplacement reste inconnu.

    Pépin le Bref en 752 chassera les musulmans qui avaient conquis la ville en 725.

   Au Moyen Age, la ville connaît une forte expansion urbaine et un renforcement de ses murailles. Une cathédrale s’élève à partir de 1096 jouxtant le château comtal (XIIe) avec ses deux corps de logis et une chapelle. Vers 1240, le château sera rehaussé d’un deuxième étage.
    Commence alors la période des comtes désignés par les Carolingiens.

   En 1082, la famille Trencavel prend possession de la ville et étend son comté jusqu’aux abords de Nîmes et de Béziers. Bernard Anthon IV Trencavel, vicomte d’Albi, de Nîmes, et de Béziers entreprend un plan d’urbanisation de la Cité et de ses alentours immédiats et fait construire en 1096 la construction de la basilique Saint-Nazaire dont les matériaux seront bénis par le pape Urbain II.

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    Deux révoltes successives des habitants de Carcassonne (1107 puis 1120) contre le vicomte échouèrent. En 1130, Bernard Athon IV ordonne le début de la construction du château comtal («le palatium ») et la réparation des remparts gallo-romains jusqu’à entourer complètement la cité avec des fortifications.

    Deux bourgs (Saint-Vincent au nord et Saint-Michel au sud de la Porte Narbonnaise) sont édifiés au pied des murailles. En outre, en dès 1192, se constitue comme à Toulouse un consulat composé de notables et de bourgeois chargés de gérer la ville.

    En 1208, le pape Innocent III, inquiet de l’essor du catharisme toléré et soutenu par les comtes, les vassaux et la population, appelle les barons du Nord à s’engager dans la Croisade contre « cette vermine diabolique qui détourne les gens de la foi chrétienne, renie les sacrements et menace les prêtres et la hiérarchie ecclésiale ».
    Le comte de Toulouse et son principal vassal et cousin, le vicomte de Trencavel, sont les cibles de l’attaque. Le 1er août 1209, la Cité est assiégée par les Croisés (voir l’article sur le siège de Carcassonne). Raimond-Roger de Trancavel, victime d’une promesse piégeuse, est fait prisonnier, jeté dans la prison où il meurt de dysenterie le 10 novembre 1209.

    Dès lors, la Cité devient le quartier général des troupes Croisées sous les ordres de Simon de Montfort qui sera tué au siège de Toulouse en juin 1218. Son fils, Amaury Vi de Montfort, prend possession de la cité et fera enterrer provisoirement les dépouilles de son père dans la basilique Saint-Nazaire. En 1224, Raymond II de Trencavel aidé de Raymond VII de Toulouse et des comtes de Foix reprend la ville.

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    En 1226, Louis VIII lance une deuxième Croisade qui chasse le vicomte de Trencavel et l’oblige à l’exil. La Cité appartient désormais à la couronne de France. La chasse aux cathares par la mise en place des procédures inquisitoriales entraîne la multiplication des bûchers, l’exil des notables et des riches commerçants et la vie clandestine et nomade de ceux qui, cathares ou sympathisants ou « faydits » (nobles spoliés de leurs biens et de leurs territoires), vivent sous la menace permanente de la dénonciation ou de l’arrestation dont l’issue est généralement la mort par les flammes.

    Louis IX ordonne la construction de la deuxième enceinte, ses quatorze tours et la barbacane qui contrôle les rives de l’Aude puis le château comtal entouré de ses propres murailles et tours. En 1226, Raymond Trencavel tente en vain de reconquérir la ville malgré l’ai de la population ; il renonce à ses droits sur la cité en 1247.

    Des travaux sont entrepris sur les enceintes, sur les lices et les étages du château et l’édification de la Tour de la Justice. Sous le règne de Philippe III dit le Hardi (1245-1285), sont édifiées la Porte Narbonnaise, la Tour du Tréseau, la Porte Saint-Nazaire, l’enceinte environnante et la réparation  de certaines tours gallo-romaines. Les bourgs Saint-Vincent et Saint-Michel sont rasés. Avec Philippe le Bel (1268-1314) la place forte connaît une modernisation. Le Traité de Corbeil (1258) fait de Carcassonne une deuxième ligne de défense en arrière des postes avancés que constituent les châteaux de Peyrepertuse, Aguilar, Queribus, Puilaurens et Termes. Au XIIIe, Carcassonne est l’une des places fortes des mieux pourvues de France. Elle sera prison d’Etat au XVe. La peste de 1557 décime une grande partie des habitants.

    Entre 1560 et 1670, durant les Guerres de Religion, la Cité reste un dispositif militaire important pour les catholiques. Les protestants à plusieurs reprises (1575 puis 1585) tenteront en vain de s’approprier la ville.

    Le XVIIe marque le début de l’abandon de la Cité. Le Traité des Pyrénées fait perdre à Carcassonne sa position stratégique. Les habitants aisés quittent la cité où ne résident plus que des gens pauvres et quelques tisserands. L’architecture se dégrade ; le siège épiscopal est transféré à l’église Saint-Michel. En 1790, le chapitre est aboli ; le palais épiscopal et le cloître sont vendus puis détruits en 1795. Les archives de la Tour du Tréseau sont détruites par un incendie (1794) ; le château comtal redevient une prison ; le déclin démographique va accélérer la paupérisation et son abandon.

    La Cité est sauvée de la destruction totale par Jean-Pierre Mayrevieille, notable et historien. Il entreprend des fouilles et Prosper-Mérimée, inspecteur général des Monuments Historiques, demande à l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, déjà chargé de la restauration de la basilique,  de se charger de la rénovation de l’ensemble des remparts (1862). Le financement est soutenu par l’Etat, la ville et le Conseil Général de l’Aude.

    A la mort de Viollet-le-Duc (1879), son élève, Paul Boeswillwald et l’architecte Henri Nodet vont poursuivre les travaux qui seront achevés en 1913. Cette restauration sera critiquée par Hippolyte Taine (différence choquante entre les parties originelles et les parties restaurées) puis par Achille Rouquet et François de Neufchâteau (caractère trop gothique des parties restaurées et erreurs architecturales).

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Suite: Chemin de Ronde 2.

Par gege l'occitan - Communauté : Pays cathare et occitanie
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