Partager l'article ! Muret1. La bataille et la mort de Pierre roi d'Aragon. 31.: ...
GEGE L'OCCITAN
Un petit commentaire fait toujours plaisir,
merci.
MURET, LA BATAILLE.
Guillaume de Tudèle, co-auteur de « La Chanson de la Croisade Albigeoise » dans le Chapitre XII – la capitulation de Moissac – écrit :
« Les Croisés sans forte opposition viennent de conquérir Montauban, Saverdun et se dirigent vers le Toulousain » …
«Les Croisés en Gascogne s’avancent comme en promenade ; ils soumettent Muret, Saint-Gaudens, Samatan, l’Isle, Oloron ». (Hiver 1212-1213). C’est à la tête de mille cavaliers accompagné d’Arnaud Amaury, de sept évêques dont Guy des Vaux-de-Cernay, évêque de Carcassonne, et Thédise, devenu évêque d’Agde et des abbés de Clairac, Villemagne et Saint-Thibéry que Simon de Montfort quitte Fanjeaux le 10 décembre. Ce même jour, les comtes de Toulouse, de Comminges et de Foix et le Sénéchal de Catalogne, à la tête de leurs cavaliers et suivis de la milice toulousaine emmenée par les Consuls de Toulouse rallient le camp de Pierre II d’Aragon.
Chapitre XIII - l’offensive contre Simon de Montfort –
Pierre II d’Aragon installe son camp sur une éminence qui descend mollement vers les rives de la Garonne.
«Le bon roi d’Aragon (septembre 1213) sur son cheval superbe parvient devant Muret, plante là ses bannières et assiège la ville avec ses chevaliers, gens de haute vaillance et de courtoisie parfaite »
Le comte de Toulouse réunit ses Capitouls et leur dit : « le roi d’Aragon est devant Muret avec sa vaste troupe ; ses tentes par milliers sont dressées sous les murs ; les français sont piégés. Ordre à tous est donné de s’armer prestement et d’aller à Muret ».
Chapitre XIV - la défaite de Muret – on peut lire :
« Voici donc rassemblés sous les murs de Muret le bon roi d’Aragon en fringant équipage et le comte Raymond VI et son peuple ; les pierriers sont dressés ; la bataille commence » (le 10 septembre 1213).
« Les remparts sont bientôt fendus, escaladés ; l’armée des Toulousains se répand dans la ville ; les Français submergés se replient en désordre, se réfugient dans le donjon, s’y barricadent ».
Une tactique est mise en place : laisser Simon de Montfort entrer dans la ville afin de l’encercler puis organiser les assauts et les vaincre enfin.
« Ils (les Croisés) entrent dans Muret par la rue du marché et vont paisiblement à leur cantonnement ».
Le roi d’Aragon s’adresse aux
armées : « nous allons donc livrer une grave bataille ; attaquez sans détours, commandez droit vos hommes, cognez, taillez et ne reculez pas. Et tous, l’épée au poing,
déferlent sur la ville avec tant de vigueur que les Français ne peuvent fermer le grand portail.
La bataille s’engage, acharnée sur le seuil ; épieux et javelots se croisent, trouent, se brisent ; les corps perdent leur sang en tels jaillissements que le vaste
portail en est tout vermillon. Mais nul n’entre d’un pas. Alors les assaillants lâchent prise ».
Simon de Montfort décide d’attaquer les Toulousains par surprise.
«Bientôt les hommes d’armes en trois colonnes marchent, oriflammes au vent, vers le camp Toulousain. Le bon roi dès qu’il les aperçoit rameute quelques hommes et fonce à la bataille. Les Français voient le Roi ; ils chargent droit sur lui, ils le fendent, le percent ; il tombe de cheval. Il est mort (automne 1213). Ses gens autour de lui en ont tant d’épouvante qu’ils fuient le cœur perdu »… « Les Français les poursuivent et s’acharnent sur eux. Alors les Toulousains laissant là leurs bagages abandonnent le camp, courent vers la Garonne en foule débandée, s’y précipitent. Nombreux sont les noyés qu’emporte le courant. Nombreux sont les gisants alentour de la plaine (20 000 environ) ». « Par le monde déjà se répand la rumeur sinistre du désastre. Le comte de Montfort, allègre, jubilant, fait dépouiller les morts… ».
«Le peuple toulousain, le cœur lourd et l’âme sombre prête devant Montfort serment d’obéissance (2 avril 1215) et remet tout pouvoir sur la ville à l’Eglise (mai 1215). Le cardinal-légat, Pierre de Bénévent, invite alors par lettre le fils du Roi de France (le prince Louis -futur Louis VIII, fils de Philippe Auguste) à venir sans délai. L’autre accourt, empressé, tout joyeux, abat sa main gantée sur la cité… Montfort est désormais le maître du Pays. Le comte de Toulouse (Raymond VI) est dépouillé de tout ».
Cette partie de la Chanson de la Croisade Albigeoise est l’œuvre d’un second auteur appelé l’ANONYME puisque nous ne connaissons ni son nom ni ses origines
Chapitre XXIX - les deux sièges contre Toulouse -
Simon lève le siège en 1217.
« Montfort bat en retraite ; il est serré de près, remonte la Garonne et entre dans Muret remâchant sombrement son amère défaite ».
En résumé,
selon Guillaume de Tudèle, auteur de la première partie de la Chanson de la Croisade Albigeoise, Simon de
Montfort, disposant d’une armée composée d’un millier de chevaliers et d’autant de mercenaires appelés «pèlerins », arrive devant Muret le matin
du 13 septembre 1213. En face de lui, Pierre II d’Aragon aligne plus de trois mille chevaliers et d’environ quarante mille fantassins ; le 12 septembre, le camp occitan festoie en imaginant
la stratégie victorieuse : quatre cavaliers aragonais partent au galop pour défier les Croisés et tenter de les attirer dans la ville. S’ensuit un épisode cocasse dont est victime Simon de
Montfort qui, vêtu de sa cotte de mailles, perd la ceinture qu’il rajuste et met le pied à l’étrier au moment où le cheval fait un écart et Simon chute à terre. Voyant rire les cavaliers, Simon
leur crie : « c’est moi qui rirai en vous poussant aux portes de Toulouse ».
Les Croisés passent à l’attaque ; Simon feint une attaque frontale puis bat en retraite en s’assurant que les armées vont le poursuivre et atteindre une zone
marécageuse. Les Croisés font une brusque volte-face et surprennent les assiégeants. L’affrontement est alors terrible, d’une sauvagerie à peine descriptible. Alain de Roucy et Florent de Ville
aperçoivent l’armure royale de Pierre d’Aragon, se précipitent sur lui et l’abattent alors que le roi appelle leur clémence en s’identifiant. La nouvelle de la mort du Roi se répand comme traînée
de poudre et provoque la panique : les Toulousains refluent en masse vers leurs embarcations amarrées sur la Garonne tandis qu’une autre unité des Croisés prend à revers les fantassins
aragonais et les fracasse. Dix mille occitans sont noyés et dix mille autres massacrés sur place.
Simon de Montfort, après avoir rendu grâce à Dieu, rend hommage à la dépouille du Roi Pierre II d’Aragon et confie sa dépouille aux Hospitaliers de Toulouse. Quatre ans plus tard elle sera transférée au monastère de Sigena.
La défaite de Muret et la mort tragique du roi d’Aragon mettent fin aux velléités d’intervention de la couronne catalano-aragonaise dans les affaires de la Croisade.